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Le Naufrage du jola

Le 26 septembre 2002, le Sénégal et Ziguinchor en particulier se sont réveillés avec la plus grande catastrophe maritime de tous les temps.
Le Joola, qui assurait la liaison maritime entre Ziguinchor et Dakar, venait de sombrer au large de la Gambie. Ce naufrage a fait plus de victimes que le Titanic au début du XXe siècle : car officiellement il y a eu 1.863 morts et seulement 64 rescapés. Au nombre des victimes, des jeunes étudiants et élèves, des commerçants, des touristes, des hommes et des femmes de tout âge. Les passagers étaient principalement Sénégalais et surtout Casamançais. Mais il y avait aussi des étrangers issus d'autre pays Africains, Guinée-Bissau, Nigéria, Ghana, Cameroun et Liban. Et 30 Européens, Français, Espagnols, Belges, Suisses, Néerlandais et Norvégiens.

1. Les signes précurseurs

De nombreux témoignages révèlent qu’au départ de Ziguinchor, le navire qui semblait plus chargé que d’habitude s’inclinait dangereusement par tribord. Le ciel, pas plus couvert que d’habitude en cette fin d’hivernage n’inquiétait pas outre mesure les passagers qui avait l’habitude de faire la navette entre Dakar et Ziguinchor.
Mais, c’est pendant l’escale de Carabane que le temps s’est gâté. En effet, une forte pluie a commencé à tomber. Et quand " Le Joola " a quitté l’île, le temps était si mauvais que la visibilité était presque nulle.

2. Le naufrage

Le dernier contact radio entre la marine nationale et le bateau a été établi le 26 septembre à 22h et ne signalait aucun incident. Ce n’est que le lendemain, vers 7 heures, que La Marine a été informée du drame, soit 8 heures après le naufrage. L’alerte de la SAR (Search And Rescue) a été donnée au Centre de Coordination à 8h du matin et c’est 9 heures après le naufrage que le plan général de secours a été déclenché.
Entre temps des pêcheurs en pirogue avaient réussi à secourir 27 passagers qui furent conduit d’urgence à l’hôpital Victoria de Banjul par un chalutier chinois.
Et toute la matinée, les pirogues et les chalutiers qui naviguaient dans la zone ont repêché de nombreux corps qui flottaient autour de l’épave.
Jusqu’à 17 heures la coque du Joola émergeait de l’eau et les pêcheurs affirment avoir entendu distinctement des bruits qui provenaient de l’intérieur. Le dernier rescapé, un jeune garçon de 15 ans a confirmé qu’il y avait encore des personnes vivantes coincées dans l’épave.
Tout le week-end des navires, un hélicoptère et un avion Atlantique spécialisé dans la recherche et le sauvetage de naufragés ont sillonné la zone de la catastrophe pour tenter de retrouver d’éventuels rescapés.
Les plongées à l'intérieur du bateau ont commencé le samedi tôt dans la matinée, mais Haïdar El Ali et son équipe n’ont trouvé aucun survivant. « Des centaines de corps sans vie enchevêtrés…L’horreur ! » Ils ont réussi à extirper de l’épave près de 300 corps. Le lendemain, 29 septembre 2002, le bateau commence à dériver vers les côtes gambiennes. A leur arrivée au port de Dakar, les rescapés et sauveteurs, épuisés et en état de choc, ont été examinés, transférés vers des hôpitaux de Dakar où ils ont été pris en charge.
Les opérations d’identification des corps s’avèrent extrêmement difficiles. Ainsi, dès samedi, des photos de victimes sont affichées dans six endroits de Dakar, où des familles tentent de reconnaître leurs proches. Une vingtaine d’assistants sociaux et de psychologues sont dépêchés aux endroits où sont affichées les photos des victimes non identifiées du naufrage pour aider moralement leurs proches.

3. Cimetières communs

Le président Wade a suggéré que les corps impossibles à identifier soient inhumés dans un même cimetière, sorte de mémorial aux « naufragés du Joola ». Cette idée fut approuvée par la plupart des chefs religieux. Ainsi, des cimetières furent spécialement aménagés
- A Dakar, dans la forêt de Mbao
- A Kabadiou près de Kafountine
- A Kantene au sud de Ziguinchor
- A Bassori, en Gambie près de la frontière.

4. Funérailles Nationales

Le 11 octobre, des funérailles nationales à la mémoire des victimes furent organisées à l'Esplanade du Souvenir sur la Corniche Ouest de Dakar. La cérémonie, présidée par Abdoulaye Wade, a débuté par douze salves de canon, une pour chacune des régions du Sénégal et une autre salve pour les victimes de nationalité étrangère. Des prières ont été dites selon différentes confessions religieuses et une cérémonie funéraire diola a eu lieu. L'archevêque de Dakar, Monseigneur Théodore Adrien Sarr appelé les Sénégalais au repentir. Serigne Abdou Aziz Sy Junior les invite à trouver dans la foi la force de supporter cette tragédie. Quant au Ministre de la Culture, il a prononcé une oraison funèbre où il a invité les Sénégalais à avoir le courage de se remettre en cause. Le naufrage du " Joola ", conclut-il, doit provoquer « le sursaut de notre peuple ».
Pour finir, des couronnes de fleurs et des guirlandes, ont été déposées à l’endroit où se trouve l'épave du "Joola".
Le Joola a assuré durant de nombreuses années, une liaison vitale entre Dakar et la capitale du Sud. Son naufrage a fait subir un sérieux coup à l'économie de la région. Cette liaison ne sera rétablie que le 11 novembre 2005. l'Etat sénégalais a affrété un navire indonésien - le Willis - d'une capacité se 462 passagers et 120 tonnes de frêt en attendant l'achèvement d’une unité plus importante prévue pour 2007. La traversée se fait en 17 heures avec des tarifs variant selon la classe de 10500 FCFA (16€) à 28500F. Une bouffée d’oxygène pour les malheureux voyageurs obligés de supporter des kilomètres de route cahoteuse à la merci des premiers coupeurs de routes.



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